Mon huile de lin sur bois brut a résisté aux averses d’automne

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Gros plan sur bois brut huilé à la lin résistant aux averses d'automne en lumière naturelle

L’huile de lin collait encore à mes doigts quand j’ai posé la latte et la coupe sous l’auvent, avec le pinceau Libéron et un chiffon déjà taché. J’ai lancé ce test un samedi matin d’octobre, pendant que la pluie frappait les dalles et que mon compagnon et mes deux enfants venaient voir si l’eau perlerait. J’ai choisi deux pièces brutes, un bois de plat et un bois de bout, pour suivre leur réaction pendant 3 semaines dans mon jardin en Essonne.

Ce que j’ai fait un samedi matin pluvieux pour préparer mon protocole de test

J’ai sélectionné une latte de 42 cm sur 7 cm, sortie de coupe, avec un fil droit et une surface presque sèche à une petite partie d’humidité. J’ai pris aussi une coupe de 18 cm, taillée en bois de bout, et elle affichait un tiers environ. J’ai voulu opposer un support qui boit peu à un autre qui avale tout, parce que le contraste m’intéressait dès le départ.

J’ai passé 3 couches très fines, au pinceau sur les arêtes et au chiffon sur les faces. Je suis parti du principe qu’un passage généreux laisserait une meilleure protection, puis j’ai changé d’avis dès la première heure. J’ai essuyé l’excédent au bout de 8 minutes à chaque fois, puis j’ai laissé 12 heures avant la deuxième couche et 18 heures avant la troisième, avec 11 °C dehors et un air franchement humide après 16 heures.

J’ai placé les deux pièces sous l’avancée du toit, face nord-ouest, sur deux tasseaux de 2 cm pour que l’air circule dessous. Je les sortais le matin et je les rentrais le soir pendant 21 jours, sauf quand la pluie a tenu 4 heures d’affilée. J’ai voulu éviter un séchage trop rapide comme un séchage trop lent, parce que la météo fraîche et humide me paraissait déjà mauvaise pour ce genre d’essai.

Trois semaines plus tard, ce que j’ai vu et mesuré sur le bois de plat et le bois de bout

Après la première vraie averse, je me suis retrouvé avec des gouttes en billes sur la latte, alors que la coupe fonçait déjà sur ses chants. J’ai passé le doigt sur les deux faces, et la latte restait lisse, presque sèche au toucher, quand la coupe gardait un léger film gras près du bord. J’ai été convaincu à ce moment-là que les deux pièces ne réagiraient pas du tout de la même façon.

J’ai fait un test simple avec un pinceau mouillé sur un carré de 10 cm sur 10 cm, puis j’ai repris mes photos 5 minutes plus tard. Sur la latte, l’eau a tenu 47 secondes avant de disparaître par petites plages, tandis que la coupe a foncé en 12 secondes sur les chants et en 25 secondes au centre. J’ai noté aussi que le dessous gardait des zones plus sombres, alors que le dessus paraissait encore nourri après la pluie.

Au bout de 3 semaines, j’ai vu 2 taches grisées sur la latte, chacune grosse comme une pièce de 1 euro, près des assemblages. La coupe a pris un noir sale sur le dessous, surtout là où l’eau stagnait après les averses du soir. Sur la face exposée, j’ai gardé un satin plus sombre, sans film épais, et j’ai trouvé la différence très lisible à l’œil.

Un coin de la latte, côté gauche, est resté poisseux 2 jours que le reste, et j’ai senti sous mon poignet une chaleur grasse, presque comme de la cire tiède. J’ai passé le pouce dessus, et la marque brillante a tenu toute une nuit. Le matin suivant, la poussière du jardin s’y collait déjà, et j’ai compris que la météo humide ralentissait tout.

Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas comme je le pensais

J’ai été frappé par la coupe en bois de bout, parce que j’ai passé une couche trop épaisse et que le bois encore humide a tout bu par endroits. Le soir même, la surface est devenue collante, avec de petits grains de poussière incrustés dans les creux. Je me suis retrouvé à gratter un bord avec l’ongle, et ce geste m’a montré que j’avais chargé beaucoup trop.

Le lendemain, l’odeur d’huile végétale remplissait encore l’abri, plus lourde quand l’air restait humide, et mes doigts prenaient un reflet gras après 24 heures. J’ai frotté un angle avec la pulpe du pouce, et la trace est restée comme sur une vitre sale. Après 48 heures, j’ai encore trouvé des marques au doigt, et j’ai senti que la prise avançait trop lentement.

J’ai repris la coupe avec un ponçage très fin, grain 240, puis j’ai posé une couche bien plus mince au chiffon. J’ai essuyé au bout de 6 minutes, et j’ai laissé la pièce sous abri pendant 2 nuits avant de la ressortir. J’ai été convaincu par ce changement, parce que le toucher a cessé d’être gras et que la poussière ne restait plus accrochée au bord.

J’ai appris que le bois de bout boit presque toute la première couche, et je l’ai vu sans détour ici. Le grain s’est aussi relevé après la première application, alors j’ai dû casser ces petites fibres avec un ponçage fin entre les couches. Je n’ai pas poussé le test sur un bardage entier, et pour une pièce structurelle je passerais par un menuisier plutôt que d’aller plus loin tout seul.

Mon verdict après ce test : pour qui et dans quelles conditions ça tient vraiment

J’ai retenu une différence simple entre les deux pièces : la latte en bois de plat a gardé plus longtemps un aspect nourri, alors que la coupe a réclamé plus de soin. L’huile de lin ralentit l’absorption d’eau sans créer une barrière imperméable, et j’ai vu cette limite dès la première pluie suivie d’une nuit fraîche. L’entretien m’a paru praticable par reprises localisées, sans ponçage complet, et j’ai apprécié ce point sur une pièce de jardin.

Je retiens surtout qu’je dois accepter 2 à 3 couches fines, un séchage lent et un contrôle régulier avant l’automne. Pour un banc, une jardinière ou des volets abrités, le produit reste utile; pour une pièce exposée à la pluie, je dois viser autre chose. Quand j’ai arrêté d’attendre un effet de vernis, j’ai eu un verdict plus net et plus honnête.

Je garderais ce traitement pour des bois abrités, des bancs, des jardinières ou des volets, pas pour une pièce qui prend la pluie sans pause. Je regarderais aussi une huile plus dure, ou un vernis naturel, si je voulais une surface qui sèche plus vite et marque moins sous la poussière. Avec le pot Libéron encore sur l’étagère, mon verdict reste net : sur bois brut, l’huile de lin tient, mais seulement si je reste patient et que je travaille très fin.

Avatar de Jules Brosseau
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